Bateau de James Bond, de Dark Vador, ou navire furtif de l'US Navy ?
En 2000, un riche client, Luca Bassani Antivari, 47 ans, entrepreneur italien et ancien champion de yachting demande au constructeur Wally Yachts, basé à Monaco, un yacht motorisé, inspiré d'un sloop de 27m, le Tiketitan, conçu par Wally, qui s'était jusqu'à présent spécialisé dans les voiliers.
Un extraordinaire travail de recherche et de développement est alors mis en place. Le résultat de ce projet nautique très sophistiqué a été testé dans les légendaires souffleries de Ferrari à Maranello, notamment pour l’optimisation des ouies latérales d’aération des turbines à gaz. La glisse et la pénétration dans l’eau ont quant à elles été testées en Suède. Ont aussi été testés les matériaux composites légers qui assurent confort et stabilité à haute vitesse et la parfaite isolation des machines afin que soient totalement effacés les vibrations et le bruit des moteurs.
La motorisation ? 3 turbines à gaz dérivées de celles des hélicoptères Chinook, pour une puissance de 16800 ch... Le système génère ainsi trois jets d’eau, deux orientables et un fixe, au centre. Pour les manœuvres et les longues distances les jets dirigeables sont cependant mus par deux moteurs diesels de 370 chevaux.
Leur cadre est en titane pour alléger le poids tout en étant très résistant à la haute température générée par les turbines à gaz. La vitesse de croisière du 118 WallyPower peut ainsi amener ses 6 invités et ses 6 membres d’équipages aux alentours des 60 nœuds (environ 111 km/h) sur 400 miles nautiques tandis que les longues distances et les passages transatlantiques peuvent être effectués à 9 nœuds en utilisant les moteurs diesels. Le yacht ne déplace que 95 tonneaux grâce à la technologie sophistiquée de construction qui utilise une structure hybride pour économiser du poids en ne transmettant pas le clapot et rendant donc confortable la rigidité de la coque composite.
Le hic ? 21 millions d'euros pour ce beau monstre de fibre de verre et de carbone. Sans compter la consommation ! Il engloutit près de 4 tonnes de carburant à l’heure. On peut estimer qu’un aller-retour Cannes St-Tropez à 50 noeuds de moyenne ne prendra que 90 minutes et consommera plus de 6.000 euros en carburant... avec les trois turbines en marche. Il reste alors 16 tonnes de gasoil en réserve...